Manifestation anticorrida

11 février 2012

Plusieurs Bourguignons manifesteront pour son abolition samedi 11 février, à Paris

Corrida : Une tradition qui rapporte… mais à qui ?

par Sarah George | dijOnscOpe | jeu 09 fév 12 | 13:23

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afficheVéritable torture animale ou affaire de “tradition”, la corrida – aussi appelée tauromachie – continue de diviser l’opinion en France ; avec d’un côté les éleveurs et les passionnés, baptisés aficionados, et de l’autre, ses détracteurs. Il faut dire que le sujet invite au débat car d’après la législation en vigueur, tous sévices graves ou actes de cruauté commis envers un animal sont passibles d’emprisonnement (Lire ici l’article 521-1 du code pénal)
Or, la France autorise la tauromachie et d’autres pratiques mettant en scène des animaux, comme les combats de coqs, au prétexte d’exception à la règle. Celle-ci s’applique dès lors qu’on invoque une “tradition locale ininterrompue”. Plus surprenant encore : tandis que la Catalogne, l’un des bastions de la corrida en Espagne, l’a interdite sur son sol en 2010 (Lire icinotre article), la tauromachie est inscrite à l’inventaire du patrimoine immatériel français depuis 2011, soulevant nombre de critiques (Lire ici France 3)…

 

70 à 75% des Français contre la corrida
Pour dénoncer cette pratique et supprimer l’exception à la règle législative, qui suppose dans le même temps l’abolition de la corrida, les militants de la cause animale multiplient les actions. Et, cette fois, ils comptent bien alerter l’opinion au niveau national. Samedi 11 février 2012, une grande manifestation anti-corrida est organisée à Paris avec la participation de quelques 180 associations. Parmi celles-ci, le Comité radicalement anti-corrida (CRAC), Animaux en péril, le Droit des animaux ou encore le collectif Non, à la honte française !. L’objectif ? “Montrer que les choses évoluent et que les politiques ne sont pas forcément à l’écoute de la population”, explique Mathilde Vernerey, membre de l’association dijonnaiseCombactive, qui a pris part activement à l’organisation de cette manifestation. Car, tel qu’elle le rappelle, “70 à 75% des Français sont contre la corrida, ce qui représente une large majorité.”
La manifestation, qui prévoit de réunir entre 1.500 et 2.000 personnes, prendra son point de départ à l’Assemblée nationale dès 15h, et se terminera au Trocadéro. Relayée sur les réseaux sociaux et via Internet, elle appelle à la mobilisation de toutes les personnes qui se sentent concernées, membres d’associations ou non. Le slogan choisi : “En 2012, les taureaux voteront”, donne le ton. La voix des animaux se fera entendre à travers celle des militants, tout comme les potentielles voies électorales. “Il n’y a pas que l’électorat des chasseurs ! Les arguments de vote peuvent aussi faire pencher la balance”, remarque Mathilde Vernerey. Différentes mises en scènes sont prévues tout au long de la manifestation “pour permettre de rendre encore plus visible notre cause auprès des médias et du public.” Mais impossible d’en savoir davantage : celles-ci sont gardées secrètes…

“Les gens sont élevés dans cette tradition”
Il faut dire qu’en matière d’engagement militant, les anti-corridas n’en sont pas à leur premier coup d’essai. Chaque année, de nombreuses manifestations contre la tauromachie sont organisées partout en France. Ainsi, le 11 septembre 2010, à Nîmes, entre 1.800 et 3.000 personnes ont manifesté pour demander son abolition (Lire ici notre article). Le 14 août 2010, à Béziers, des militants ont fait entendre leur voix pendant la feria. Plus récemment encore, le 8 octobre 2011, à Rodilhan, dans le Gard, où une manifestation pacifiste menée au sein d’une arène vire à l’affrontement (Voirici). De nombreux manifestants anti-corridas venus protester, se sont vus malmenés par des aficionados.

Membre de l’Alliance écologiste indépendante, Roland Essayan en faisait partie avec deux autres Dijonnais. “Le problème, c’est que dans le Sud, les gens sont élevés dans cette tradition et ils deviennent totalement insensibles à la souffrance animale dès le plus jeune âge. Ils font même le forcing pour des corridas gratuites pour les jeunes, pour attirer la relève.” Lui-aussi participera à la manifestation nationale samedi 11 février, avec 10 à 15 autres personnes de Dijon et Besançon (Doubs). “Il s’agit d’interpeller les parlementaires et de faire bouger les gens contre cette honte inscrite au patrimoine de la France. Même si nous ne sommes pas directement concernés en Côte-d’Or, la corrida demeure un problème moral. Peut-on dès le plus jeune âge cautionner les sévices sur animaux, au nom d’un folklore régional ?”


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